les corps argentés (2024- )



Face à la montée du backlash transphobe et à la rhétorique selon laquelle la transidentité serait un phénomène « nouveau », il devient urgent de se souvenir, de s’archiver, de témoigner autrement.

Cette tension entre la photographie, médium né d’une volonté de saisir et figer le réel, et le caractère insaisissable de mon identité trans m’a conduit à orienter ma pratique vers le tintype, une technique du XIXe siècle, lente, matérielle et collaborative. L'image, fixée sur une plaque de métal baignée dans du nitrate d’argent, confère au corps une présence presque archéologique, inscrite dans une dynamique de devenir plutôt que dans une immobilité figée. Ce procédé transforme le corps en artefact d’un autre monde, ni passé ni présent, toujours en mutation.

Archiver en tintype, ici, c’est injecter une mémoire queer là où elle a été niée, détourner un outil ancien pour affirmer des présences absentes de l’histoire officielle. C’est créer une histoire parallèle, glitchée, mais avec une densité qu'on ne peut nier. Cette série de portraits, débutée en novembre 2024 dans mon studio et toujours en cours, propose une forme de résistance à l’effacement, tout en acceptant que toute archive transforme ce qu’elle retient. La série a été publiée dans le 10e numéro de Lez Spred The Word.




Daylen, 2025, tintype 4x5
Saffi, 2025, tintype 5x7
So, 2025, tintype 4x5
MC, 2024, tintype 8x10
Rim, 2024, tintype 4x5
Aimer, 2025, tintype 6,5 x 8,5
Ez, 2025, tintype 4x5
Bia, 2025, tintype 4x5
Sola, 2025, tintype 8x10
Estelle, 2025, tintype 4x5
Izzi, 2025, tintype 4x5
Amy, 2025, tintype 4x5
MC (2), 2024, tintype 5x7
Ju, 2025, tintype 4x5
Lili, 2024, tintype 4x5
Aimé, 2025, tintype 4x5
Izzi (2), 2025, tintype 4x5
Saffi, 2025, tintype 5x7
Oli, 2025, tintype 4x5
Ez (2), 2025, tintype 8x10
Daylen (2), 2025, tintype 4x5
So (2), 2025, tintype 4x5
Rim (2), 2024, tintype 4x5
Caouanne, 2024, tintype 4x5
Mackenzie, 2025, tintype 4x5
Lou, 2025, tintype 4x5